Oh! je voudrais tant que tu te souviennes
des jours heureux où nous étions amis.
En ce temps-là la vie était plus belle
et le soleil plus brûlant qu´aujourd´hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle.
Tu vois, je n´ai pas oublié ...
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
les souvenirs et les regrets aussi.
Et le vent du Nord les emporte dans la nuit froide de l´oubli.
Tu vois, je n´ai pas oublié la chansons que tu me chantais.
C´est une chanson qui nous ressemble.
Toi tu m´aimais et je t´aimais.
Nous vivions tous les deux ensemble
toi qui m´aimais
moi qui t´aimais.
Mais la vie sépare
ceux qui s´aiment
tout doucement
sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable
les pas des amants désunis.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
les souvenirs et les regrets aussi.
Mais mon amour silencieux et fidèle
sourit toujours et remercie la vie.
Je t´aimais tant, tu étais si jolie.
Comment veux-tu que je t´oublie.
En ce temps-là la vie était plus belle
et le soleil plus brûlant qu´aujourd´hui.
Tu étais ma plus douce amie ...
Mais je n´ai que faire des regrets
Et la chanson que tu chantais
toujours, toujours je l´entendrai!
C´est une chanson qui nous ressemble.
Toi tu m´aimais et je t´aimais.
Nous vivions tous les deux ensemble
toi qui m´aimais
moi qui t´aimais.
Mais la vie sépare
ceux qui s´aiment
tout doucement
sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable
les pas des amants désunis.
****************
par Jacques Prévert,
source: Gedichte und Chansons, rororo Hamburg Juni 1971
Je trouve que c´est un des ses plus merveilleux poêmes... je l´adore, celui-là!
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